Le 24 février 2022, Vladimir Poutine apparut sur les écrans de télévision du monde entier. Il annonça l’entrée des troupes russes en Ukraine. C’était un défi à l’OTAN. Si le moment était propice pour le Russie, c’est parce qu’elle possédait des missiles hypersoniques lui conférant une supériorité sur le plan stratégique. Alors que l’Ukraine, « failed state », un Etat failli. Depuis son indépendance en 1991, elle avait perdu environ 11 millions d’habitants par émigration et baisse de la fécondité. Elle était dominée par des oligarques ; la corruption y atteignait des niveaux insensés ; le pays et ses habitants semblaient à vendre. A la veille de la guerre, l’Ukraine était devenue la terre promise de la gestation pour autrui (GPA) à bon marché. La fuite d’une partie de la population vers la Russie ou vers l’Europe occidentale signifiait que le système n’arrivait pas à trouver un équilibre de longue durée.
Un monde morcelé en crise
Plusieurs paramètres sont à prendre en compte dans le monde actuel, notamment : le climat, la géopolitique, les technologies, la fragmentation et la démographie. Face à l’émergence d’autocrates qui rêvent de puissance, comme l’axe qui se dessine : la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran qui coopèrent activement pour mener une guerre. Les pays démocratiques doivent se réveiller de trente ans de paix, et s’adapter à un monde différent, où la primauté de la violence domine.
L’impérialisme américain
Donald Trump adopte un comportement imprévisible sur la scène internationale visant une hégémonie mondiale. L’Amérique gendarme du monde libre après 1945, multiplie les opérations armées. « Hyperpuissance » ayant tous les critères de la puissance, « nation indispensable ». Le messianisme états-unien ravive l’ambition de cette nation à propager la liberté dans le monde. Mais à quel prix ? Quelles en sont les conséquences ? Est-ce que cet hubris qui guide les Etats-Unis ne la prédestine pas au même sort que l’empire romain ?
Pour un Maroc prospère
Le pouvoir au Maroc est bicéphale où règne l’institution monarchique et le gouvernement. Le néolibéralisme façonne un nouveau modèle de développement économique, en construisant une souveraineté économique intimement liée à la globalisation, via des partenariats entre public et privé, en faisant de l’entrepreneur-investisseur, un acteur central aux côtés de l’Etat. Le groupe OCP, incarne cette stratégie, fondé en 1920, fleuron de l’industrie nationale, développe des partenariats pour la production d’engrais en Afrique subsaharienne, il contribue à la sécurité alimentaire tout en renforçant la position du Maroc comme acteur économique important.
Monde : Problème à trois corps
Dans un monde granulaire, sa dualité place l’Empire du Milieu au centre de l’histoire. Le Pentagone et la Maison Blanche ont qualifié la Chine, dès septembre 2017 dans la « Stratégie de défense nationale 2018 », de rival stratégique (strategic competitor). « Il est de plus en plus clair, estime le Pentagone, que la Chine et la Russie veulent façonner un monde compatible avec leur modèle autoritaire, et obtenir un droit de veto sur les décisions des autres pays en matière économique, diplomatique et sécuritaire ». Ce rapprochement historique entre la Chine et la Russie se veut comme une réponse face à l’expansion de l’Otan, qui est perçu par ces deux puissances comme un risque systémique qui menace leurs intérêts souverains.
Néocroisades : Nouvelle guerre de religions
Un nouvel ordre mondial est en train de se dessiner faisant place à un « choc des empires ». Les « guerres culturelles mondiales » ont commencé. Les nationalismes exacerbés se nourrissent d’un passé idéalisé et instrumentalisé, qui dirigeants et leaders d’opinion s’efforcent de sortir de la mémoire morte pour le faire entrer dans la mémoire vive de leurs peuples. Les nationalismes souffrent d’hypermnésie. Une ère de passions nationaliste et de religion prend leur revanche sur les passions universalistes et la raison, conduisant à une « globalisation des émotions ».
