Mythe : la défaite française de 1940 était inéluctable

Toutes sortes d’arguments ont été utilisés pour expliquer la défaite de l’armée française lors de la Seconde Guerre mondiale. Certains factuels, sont tout à fait possibles, tandis que d’autres sont polémiques.

Les causes de la défaite française sont plurielles :

  • Inégalité démographique entre la France et l’Allemagne, 41 millions d’habitants contre 60, mais 80 dans les frontières de la grande Allemagne de 1940.
  • Affrontement entre un régime totalitaire, prêt à tout pour vaincre, et un régime démocratique faible, celui de la III République, en pleine crise, avec des gouvernements instables, incapables de mener une politique sur la durée.
  • La contradiction entre une politique militaire défensive symbolisée par la ligne Maginot et une politique étrangère consistant à vouloir contenir l’Allemagne nazie par des accords avec les Etats d’Europe centrale et orientale.
  • Carence de la doctrine militaire et insuffisances de la préparation et de l’équipement de l’armée.

Les Français se sont bien battus en Belgique, et pour défendre le territoire, sur l’Oise, l’Aisne, la Somme. Sur l’ensemble des fronts, les forces françaises enregistrent environ 65 000 morts en cinq semaines (d’autres estimations faisaient état de 100 000 pertes). La stratégie française consiste en une phase défensive initiale, parfaitement cohérente avec sa situation démographique. Dû à la proximité de la guerre 1914-1918 et des pertes énormes, environ 1,5 million de morts, les Français dans leur ensemble, militaires et civils confondus, sont profondément pacifistes. De facto, la France adopte une stratégie de guerre longue, une doctrine défensive, symbolisée par la ligne Maginot. Elle consiste à attendre qu’asphyxiée par le blocus qui lui est imposé, l’Allemagne puisse être envahie ou soit contrainte à négocier. Cette stratégie s’appuie sur l’idée que les frontières de l’est de la France soient protégées : au nord, par la Belgique, qui a déclaré sa neutralité en 1936 ; sur le Rhin, par la ligne Maginot, et à jointure des deux, par un massif montagneux réputé infranchissable.

Le maréchal Pétain comme le général Gamelin sont des partisans inconditionnels de cette guerre défensive. La campagne de 1940 a été prévue comme une guerre longue, semblable à la Première Guerre mondiale, et du tout comme une guerre courte. Et la ligne Maginot est conçue comme un obstacle sur lequel s’appuyer afin de gagner du temps et de déployer une guerre de manœuvres. Mais l’adversaire allemand ne se comporte pas comme prévu. Au matin du 10 mai, il y a eu l’offensive allemande par les Ardennes, et la percée de Sedan a bien eu lieu : elle est réalisée par trois groupes francs qui par l’intégration d’innovations technologiques comme le char, l’avion et la radio, réussissent à disqualifier tout dispositif français. En fin de compte, la campagne de 1940, conçue comme devant être une guerre longue, se révèle une guerre courte.

Les forces allemandes bénéficient d’une succession de miracles. Lorsque les blindés et les troupes de Guderian foncent via les Ardennes, on assiste à un embouteillage géant de 41 000 véhicules dans un étroit corridor. Les forces françaises auraient pu en profiter pour attaquer, mais les rivalités entre terriens et aviateurs retardent la décision d’intervention et la concentration des moyens allemands est d’une telle ampleur qu’elle élimine la résistance française. Du point du vue allemand, la peur provoquée au sein des troupes françaises par l’avancée des chars allemands constitue le « miracle de 1940 ». Quand les Allemands attaquent dans le secteur de Sedan, ils y concentrent la moitié de leurs forces mécanisées. Des camions chargés jerrycans assurent l’approvisionnement rapide en essence. Par ailleurs, la peur des chars est amplifiée par l’utilisation des stukas dont la sirène se met en marche lors des descentes en piqué.

La France a connu une déroute face à l’armée allemande principalement dû à un manque de coordination et d’organisation latent de son armée. Ainsi, il serait plus difficile d’expliquer la victoire rapide de l’Allemagne que la défaite française.

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