CHARLES DE GAULLE

Charles de Gaulle

Charles de Gaulle, homme de principe et de valeurs, il incarne une certaine idée de la France depuis que le 18 juin 1940, à Londres, il a lancé un appel à la résistance contre l’occupant nazi. Après avoir sauvé l’honneur du pays une première fois, il a rétabli l’autorité de l’Etat en fondant, en 1958, la 5ème République. Mais quel est son héritage à la France aujourd’hui ? Héraut de la liberté, vainqueur de l’Allemagne nazi, mégalomane, il a cru en sa destinée.

Adolescent, Charles de Gaulle avait deux vocations, le métier des armes et l’écriture. Après la Grande Guerre, où il s’illustra comme soldat, il se distingue de ses pairs en publiant livres et articles. De même, prosateur hors pair, avec l’apparition de la télévision au début des années 1960, De Gaulle rallie à lui les Français, débitant de longues tirades dont il a calculé les effets.  

Itinéraire De Gaulle

« Je suis un homme qui n’appartient à personne et qui appartient à tout le monde. » Autrement dit : un miroir à facettes, un kaléidoscope. Né au 19ème siècle dans une famille nombreuse, catholique et bourgeoise, c’est un archétype. Le choix de la carrière militaire n’est pas une tradition familiale, mais il coule de source. Le jeune patriote vit depuis toujours dans l’espérance d’une revanche sur l’Allemagne, depuis que son père l’a ancré dans l’idée que l’armistice imposé par Bismarck en 1871 était une « capitulation » de la France.

La guerre de 1914 jette le jeune officier dans un enfer de feu et de boue. Courageux, audacieux, téméraire, il est trois fois blessé, tenu un temps pour mort et fait prisonnier. Ses tentatives d’évasion échouent. L’hécatombe de 14-18 a enfanté un siècle nouveau que de Gaulle dominera en France de toute da hauteur.

Le 10 mai 1940, lorsque les blindés du général Heinz Guderian, contournant la ligne Maginot, fondent sur la France, de Gaulle commande par intérim une division cuirassée en formation. Il combat avec éclat, en particulier à Montcornet dans l’Aisne, est promu général de brigade à titre temporaire avant d’être appelé à Paris où Reynaud, président du conseil depuis peu, le nomme sous-secrétaire d’Etat au ministère de la défense nationale et de la guerre.

Le 17 juin 1940 à Bordeaux, De Gaulle s’envole pour Londres où il prononcera le lendemain, au micro de la BBC, son appel à la « résistance », Pétain demande l’armistice. A Vichy, où l’Etat français qui a remplacé légalement la République – seuls 80 parlementaires ont voté contre. Un tribunal militaire le condamne par contumace à la peine de mort, à la dégradation militaire et à la confiscation de ses biens. Motifs : trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat et désertion à l’étranger en temps de guerre.

Lorsqu’en août 1944, il entre triomphalement dans Paris, il est le chef admis par tous d’une France libre. Son ultime tour de force de la guerre est d’obtenir pour la France, défaite en 1940, le statut de vainqueur. Elle bénéficie comme les Britanniques, les Américains et les Soviétiques d’une zone d’occupation en Allemagne et obtiendra un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies.

De Gaulle à l’ère de la postérité

« Quand de Gaulle ne sera plus là, il sera encore là » disait l’écrivainFrançois Mauriac. Cependant, l’héritage s’est érodé. La Constitution de la 5ème République n’est plus le rempart qu’elle était contre l’instabilité politique. La mondialisation des échanges et des flux financiers ébranle la souveraineté française. L’Europe s’est construite à l’inverse de ce que le Général préconisait. Comme l’a dit François Mauriac, il est « le dernier français qui nous aura fait croire que la France est toujours une grande nation ».

En 1964, De Gaulle a reconnu officiellement la République populaire de Chine, celle de Mao Zedong, alors ostracisée par la plupart des pays occidentaux. Le gouvernement travailliste de Clement Attlee avait certes précédé, en 1950, la France sur cette voie, mais ce n’est qu’en 1979, sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, que les Etats-Unis en ont fait autant.

De Gaulle a compris assez tôt combien la Chine allait compter. Tôt aussi, il a perçu dans quelle spirale la question palestinienne allait entraîner l’Etat hébreu. En 1967, au lendemain de la guerre des Six-Jours, qui s’est conclue par la victoire compète de Tsahal, De Gaulle a expliqué combien les gains territoriaux « ne peuvent aller sans oppression, répression, expulsions » et provoquer par contrecoup « une résistance qu’à son tour » Israel dénoncera mécaniquement comme « terroriste ».

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