« Travaille dur en silence. Laisse ton succès faire du bruit ». C’est par ces mots qu’Harry Kane a fêté son sacre du ballon d’or. Après des années de disette, il n’a jamais perdu espoir, et a persévéré sur la durée. Nous verrons dans cette analyse les différentes doctrines de pugnacité, ainsi que les stratégies à adopter pour accomplir ses rêves.
Doctrines de persévérance
Henry Ford « Qu’on se croit capable d’une chose ou pas, on a raison dans tous les cas »
Le prosaïsme de l’excellence : Les performances exceptionnelles résultent de dizaines d’actions qui supposent d’appliquer des compétences n’ayant rien d’extraordinaire en elles-mêmes. Seule leur répétition sur le long terme et le soin apporté à leur pratique mènent à l’excellence.
Ceux qui accomplissent de grandes choses se concentrent sur leur objectif, prêtent une extrême attention à leur vie intérieure et à celle des autres, voient partout des sources d’inspiration et ne se lassent pas un instant de mobiliser les moyens dont ils disposent.
Prédispositions*efforts = compétences → Compétences*efforts = réussite
La persistance dans la motivation : la capacité à œuvrer en vue d’objectifs lointains (par opposition à la tendance à vivre au jour le jour), à se préparer activement à l’avenir, à travailler pour atteindre un but précis.
La propension à ne pas abandonner une tâche pour le simple plaisir d’en varier, à ne pas rechercher la nouveauté en tant que telle, à ne pas vouloir à tout prix « changer d’air ».
« Le degré de force de volonté ou de persévérance. La détermination sereine à s’en tenir à une trajectoire établie. » ; « La tendance à ne pas renoncer face aux obstacles : la ténacité, la pugnacité »
Effet Flynn inversé : La plus grande pugnacité des septuagénaires pourrait venir de ce qu’ils ont grandi à une époque où l’on valorisait plus l’effort sur le long terme et la persévérance. L’évolution de l’environnement culturel justifierait que la génération dont les vingt ans ont coïncidé avec le nouveau millénaire ait moins la niaque que celle qui a vu le jour au lendemain de la crise de 1929.
La niaque se consolide à mesure qu’on se forge une philosophie de vie et qu’on apprend à rebondir après un échec ou à prioriser ses objectifs. La persévérance et l’attachement à une passion durable se développeraient avec l’âge.
Principe de maturation : Avec le temps, on devient plus consciencieux, sûr de soi-même, posé et attentif aux autres. On prend de la bouteille au fil des ans. Une part prévisible des changements relève de la biologie. La puberté ou la ménopause entrainent des modifications de la personnalité. Globalement, l’évolution du caractère dépend quand même plus du vécu.
Avec le temps, on apprend que pour arriver à quoi que ce soit, il faut se surpasser. A force de s’y reprendre encore et encore, ce qui, au départ, ne venait pas spontanément devient peu à peu comme une seconde nature. Le zèle et l’application ne portent pas leur fruit du jour au lendemain.
Avec l’âge, il faut réviser son comportement, évoluer pour se montrer à la hauteur des circonstances. Les changements surviennent en cas de besoin. La nécessité est mère de l’adaptation. Le principe de maturation consiste à tirer de l’expérience des leçons durables en s’adaptant aux circonstances. De nouvelles façons de penser et d’agir se convertissent en habitudes.
La psychologie de l’intérêt : une passion résulte de la découverte d’un centre d’intérêt qu’on alimente puis approfondit peu à peu.
De nombreux travaux attestent que la satisfaction que procure un emploi dépend s’il cadre plus ou moins avec un centre d’intérêt personnel. Ceux qui aiment réfléchir dans l’abstrait ne s’épanouissent pas en réglant des soucis logistiques ; ils préfèrent se colleter à des problèmes mathématiques. Ceux qui ont le goût du contact n’apprécient pas de travailler seuls toute la journée face à leur ordinateur ; la vente ou l’enseignement leur convient mieux.
Ceux dont la profession correspond à un centre d’intérêt personnel se déclarent dans l’ensemble plus satisfait de leur sort. « Nos espoirs de réussite dépendent de l’intensité de notre passion et de la solidité de notre désir ».
On ne définit pas ses centres d’intérêt en méditant mais en se jetant à l’eau. La découverte d’une passion implique des coups de chance et des tâtonnements et du temps perdu pour la bonne raison qu’il est impossible de prédire avec certitude ce qui nous captera ou non.
Jeff Bezos : « Beaucoup commettent l’erreur de se forcer à s’intéresser à une activité »
Esprit de suivi : Celui-ci dépend de la volonté de s’impliquer à long terme dans certaines activités (par contraste avec des incursions sporadiques dans toute une variété de domaines). L’esprit de suivi s’est avéré un excellent indicateur de réussite. L’essentiel reste leur engagement renouvelé d’une année sur l’autre et leur capacité à progresser. « On apprend au contact des autres ; l’expérience forge la caractère ».
La ténacité s’acquiert par l’expérience. La ténacité acquise : c’est de l’expérience que découle la conviction qu’un dur labeur porte ses fruits.
Une étude de la psychologue Margo Gardner montre les bienfaits d’un engagement sur la durée. Elle a suivi onze mille adolescents jusqu’à leurs vingt-six ans afin de mesurer les effets sur leur vie d’adulte de leur participation à des activités extra-scolaires au lycée pendant deux années plutôt qu’une. Les adolescents qui pratiquent plus d’un an la même activité sont plus susceptibles d’obtenir un diplôme universitaire et, à l’âge adulte, de se consacrer à du bénévolat. Plus ils consacrent d’heures hebdomadaires au loisir de leur choix, plus facilement ils trouveront un travail et mieux ils gagneront leur vie, mais à condition qu’ils s’y tiennent au moins deux années de suite.
La culture de la niaque : La culture dans laquelle on évolue et à laquelle on s’identifie façonne consciemment ou non à peu près toutes les facettes de la personnalité. Une culture se définit par les normes et les valeurs communes à un ensemble de personnes. Ce qui signifie qu’une culture distincte émergera dès qu’un certain nombre d’individus s’accorderont sur un comportement à suivre et les raisons de s’y conformer. Plus les pratiques d’un groupe le distinguent des autres, plus ses membres tissent entre eux des liens forts.
Si je veux devenir plus pugnace, je dois identifier une culture qui valorise la pugnacité et l’adopter. Et si, je dirige un groupe dont je souhaite développer la pugnacité, je dois imposer une culture qui le guide sur cette voie.
Exemple : « Pour devenir un excellent nageur, il n’y a rien de tel que de rejoindre une excellente équipe. » Le désir d’appartenance est un puissant moteur.
Il existe deux manières de développer la niaque. Une difficile qui consiste à essayer tout seul dans son coin. Et une plus simple qui repose sur le conformisme. Cette voie très humaine de s’intégrer à un groupe. Fréquenter des gens pugnaces vous incitera à le devenir à votre tour.
L’aptitude d’une culture à développer la pugnacité, elle est en mesure de modeler durablement l’identité. Les normes et valeurs du groupe auxquels nous adhérons deviennent avec le temps les nôtres pour peu que les circonstances le permettent. Elles déteignent sur nous au point que nous les assimilions peu à peu.
Stratégies à adopter
« Une philosophie vous oriente et vous fixe des garde-fous qui vous maintiennent sur la bonne voie ».
Les dispositions déterminent la rapidité à laquelle on acquiert des compétences à condition de fournir des efforts. La mise en œuvre de ces compétences conduit à la réussite. Notre classement au marathon de la vie dépend largement de nos efforts. « 80% de la réussite dans la vie repose sur le simple fait de répondre présent à l’appel » Woody Allen
La niaque suppose de poursuivre un objectif auquel on restera fidèle. Un objectif qui nous tient à cœur. Se consacrer à ce qu’on aime. Oui, seulement s’il n’est pas question de coup de foudre mais de passion durable. La pugnacité s’articule autour de deux composantes : la passion et la persévérance.
Hiérarchiser ses priorités. La pugnacité se caractérise par la poursuite fidèle d’un objectif suprême à long terme. La « philosophie de vie » de celui qui a la niaque compte tellement à ses yeux qu’elle détermine une large part de son emploi du temps. La plupart de ses objectifs intermédiaires dépendent de celui du sommet. Un manque de pugnacité peut quant à lui découler d’un défaut de structuration des objectifs.
Plus notre hiérarchie d’objectifs est cohérente, mieux cela vaut. Voici un exercice formulé par Warren Buffett : Dresser une liste de 25 objectifs de carrière. En retenir 5 principaux. Pas plus. L’exercice amène à prendre conscience que le temps nous est compté et que nous ne disposons que d’une énergie limitée. Celui qui veut réussir doit décider quelle voie suivre en déterminant notamment quel chemin il ne prendre pas. Définir ses priorités dans les grandes lignes ne suffit pas. Diviser son temps entre un nombre, même réduit, d’objectifs amène à un conflit d’intérêts. Il faut œuvrer dans une seule et même direction ; pas plus.
« Dans quelle mesure mes objectifs prioritaires me permettent d’en atteindre un autre qui leur serve de dénominateur commun ? » Plus les objectifs s’intègrent à une hiérarchie – plus ils concourent à un but ultime -moins on se disperse.
Avoir la niaque n’implique pas de poursuivre obstinément tous les objectifs de la première strate de la pyramide. Il faut au contraire s’attendre à renoncer à certains ; tant pis si on s’est donné beaucoup de mal pour s’en approcher. Tous ne se concrétiseront pas. Inutile de se cogner la tête contre les murs pour mener à bien ce qui ne reste qu’un moyen en vue d’une fin.
Renoncer à certains objectifs secondaires est parfois indispensable. Il ne faut pas hésiter non plus à leur en substituer de plus facilement accessibles. Ni à bifurquer, quand un nouvel objectif intermédiaire – un moyen différent de parvenir à la même fin – permet de gagner en efficacité ou parait plus alléchant. Tout itinéraire un tant soit peu ambitieux oblige à des ajustements. Plus un objectif s’approche du sommet de la hiérarchie, plus cela vaut la peine de s’entêter à l’atteindre.
Comment développer sa pugnacité ?
- En premier lieu vient l’intérêt. La passion naît du plaisir que procure une activité. Les modèles de pugnacité avouent ne pas forcément apprécier tous les aspects de leur travail.
- En deuxième lieu, la volonté de progresser. La persévérance se traduit entre autres par une discipline quotidienne en vue de s’améliorer. Une fois identifié un centre d’intérêt, il convient de s’entrainer de tout cœur et de relever un défi après l’autre jusqu’à la parfaite maitrise de son art. Il est nécessaire de cibler ses faiblesses pour s’y attaquer au quotidien. La pugnacité s’oppose à toute complaisance envers soi. Ceux qui ont la niaque répètent à l’envi : « je m’améliorai quoiqu’il m’en coûte ! »
- En troisième lieu, la conviction de faire œuvre utile, qui alimente la passion. Beaucoup sont incapables de s’intéresser toute leur vie à quelque chose qui selon eux ne sert à rien. Une occupation digne de ce nom doit répondre à un intérêt personnel tout en contribuant au bien-être d’autrui. Ceux qui ont la niaque affirment ans exception : « Mon travail compte à mes yeux comme pour les autres »
- En quatrième lieu, il y a l’espoir : la conviction de se montrer à la hauteur des circonstances. Il intervient à tous les stades de développement de la pugnacité. Apprendre à persévérer même en cas de difficulté ou de doute s’avère fondamental. Tout le monde essuie à un moment ou un autre des revers. Renoncer entérine la défaite alors que réessayer de plus belle assure le triomphe de la pugnacité.
« Opter pour ce qui nous passionne »
Paradigme d’amélioration continue « KAIZEN »
« Les racines du savoir sont amères mais il donne des fruits savoureux »
On nomme en japonais « kaizen », l’art de ne pas stagner. Le terme peut se traduire par « amélioration continue ». Les personnes pugnaces ont toujours la volonté de se surpasser. « Leur désir de se surpasser leur interdit la moindre complaisance envers eux-mêmes. Ils cultivent un état d’esprit positif : ils ne reviennent pas sur le passé pour ruminer leur insatisfaction mais se focalisent sur l’avenir, mus par l’ambition de progresser. »
Psychologue cognitif Anders Ericsson : Le parcours des sommités montre que leurs compétences ne cessent de s’affiner au fil des ans. La rapidité de leurs progrès est inversement proportionnelle à leur niveau : plus on sait sur tel sujet, moins on en apprend d’un jour à l’autre. En effet, le psychologue cognitif Ericsson s’est aperçu que les meilleurs violonistes d’un conservatoire allemand comptaient à leur actif environ dix mille heures de pratique étalées sur dix ans alors que leurs camarades s’étaient entraînés moitié moins.
Le chiffre de dix mille heures de pratique étalées sur dix ans ne correspond selon les travaux d’Ericsson qu’à une moyenne approximative. Certains musiciens maitrisent leur instrument bien avant, d’autres plus tard. L’horizon des dix mille heures ou des dix ans s’est imposé. Il donne une idée de l’ampleur de l’investissement requis, qui se comptabilise bel et bien en milliers d’heures.
Par ailleurs, les spécialistes accumulent des milliers d’heures de ce qu’il qualifie de « pratique réflexive ». Voici comment s’entrainent les spécialistes : Ils se fixent d’abord un objectif précis. Au lieu de se féliciter de ce qu’ils maîtrisent déjà, ils ciblent leurs faiblesses pour les combattre. Ils se lancent des défis. Exemple : Rowdy Gaines, médaillé d’or aux jeux olympiques, explique : « A chaque entraînement, j’essaie de pulvériser mon propre record. Si un jour, mon entraineur me demande de nager dix fois cent mètres en une minute quinze, le lendemain, quand il m’incite à recommencer, je m’impose de gagner une seconde. »
Les meilleurs s’efforcent à atteindre un objectif pour l’heure hors de leur portée sans ne se ménager ni de le perdre de vue. Beaucoup préfèrent s’entrainer à l’abri des regards. Exemple : Le joueur de basket Kevin Durant admet : « Je passe à peu près 70% de mon temps seul, à peaufiner mon jeu, dans les moindres détails. »
On prédira plus sûrement la rapidité des progrès d’un musicien au temps qu’il consacre à s’exercer plutôt qu’avec ses collègues. La pratique réflexive a d’abord été étudiée chez les joueurs d’échecs, les musiciens et les athlètes.
Le « flux » : Une concentration de leurs facultés mentales telle qu’elle produit une impression de spontanéité. Ils l’atteignent quand ils donnent le sentiment de relever un défi sans effort « sans devoir réfléchir ». « L’expérience optimale » : Les chercheurs qui étudient l’épanouissement du talent ont montré qu’il faut environ dix mille heures d’entrainement pour acquérir certaines compétences, cet entrainement peut être ennuyeux et pénible
Quête du bonheur
William James : « Il n’y a pas d’être humain plus malheureux, que celui qui doit prendre jour après jour la décision de se lancer dans le moindre travail »
Se sentir utile signifie œuvrer dans l’intérêt de tierces personnes. En termes de niaque, se sentir utile revient à vouloir améliorer la vie des autres. Aristote a été parmi les premiers à reconnaitre que deux voies conduisent au bonheur. La première, il l’a qualifiée d’« eudémoniste » (en harmonie avec le bon esprit intérieur) et la seconde, d’ « hédoniste », celle-là concerne des expériences agréables, centrées sur le « moi » et l’instant présent. ARISTOTE a pris parti pour la voie « eudémoniste », selon lui noble et pure, contre la voie hédoniste, primaire et méprisable. Mais toutes deux s’enracinent dans l’évolution de notre espèce.
Freud : Nous sommes tous guidés par le « principe de plaisir ». Par ailleurs, notre évolution nous a conduits à chercher un sens à la vie. Nous sommes des créatures sociales. Notre propension à entrer en contact avec les autres contribue à notre longévité.
Ceux qui font cavalier seul vivent en général moins longtemps que leurs congénères plus coopératifs. Il faut entretenir des relations interpersonnelles stables. Le désir de tisser des liens avec autrui relève d’une nécessité aussi impérieuse que la quête du plaisir. Nous sommes tous programmés pour chercher le bonheur par les voies aussi bien hédoniste qu’eudémoniste.
La fable des maçons : On demande à trois d’entre eux ce qu’ils font.
- Le premier répond : « je pose des briques »
- Le deuxième : « je bâtis une église. »
- Et le troisième : « j’édifie la demeure du Seigneur. »
Le premier a un gagne-pain, leu deuxième, un métier et le troisième, une vocation. Les heureux élus ayant une vocation estiment en majorité qu’ils œuvrent à « rendre le monde meilleur ».
Ils sont plus enclins à se déclarer satisfaits de leur emploi et de leur existence en général. On relève parmi eux trois fois moins d’absentéisme au travail. La façon d’envisager un poste compte plus que son intitulé. Une vocation ne se trouve pas « clés en main ». Il faut faire preuve de dynamisme. Quel que soit votre position, concierge ou PDG, il faut se demander en qui elle est utile aux autres, quel rôle elle vous confère dans la société, comment s’y expriment nos valeurs.
La conviction d’œuvrer utilement :
Adam Grant : « La plupart voient le souci de soi et l’altruisme comme les deux pôles opposés d’un continuum. » « Alors que l’un n’exclut pas l’autre. On peut se sentir motivé par les deux, ou par autre chose encore. » On peut aspirer en même temps à éclipser ses concurrents et tendre une main secourable à son prochain.
La conviction d’œuvrer utilement correspond selon lui à la réponse ultime aux « pourquoi » et « à quoi bon » que suscite toute entreprise. Pour cela, il faut s’inspirer de quelqu’un qui cherche à se rendre utile ; un membre de la famille, un personnage historique ou un homme politique, peu importe. Et peu importe aussi que le but visé par ce modèle ait ou non un rapport avec l’occupation qu’on choisira.
« Ce qui compte c’est la preuve qu’on peut accomplir de grandes choses dans l’intérêt des autres. » Cela permet de se rendre à la fois compte de la difficulté de se consacrer à une visée altruiste, avec toutes les frustrations et les obstacles que cela suppose, et de l’aspect gratifiant d’une telle entreprise.
Révélation : « je suis capable de les aider » D’où l’importance de se référer à un modèle. « Je dois me convaincre que mes efforts ne seront pas vains ».
Ethique « Travailler dur et rendre ce qu’on reçoit »
« J’aime tendre la main aux autres. S’il vous faut un coup de pouce, comptez sur moi : je ne demande pas mieux que d’aider. Si j’ai réussi, c’est parce que j’ai la passion du partage. Tout ce que j’ai, je suis prêt à le donner. »
« Qu’est ce qui pourrait rendre le monde meilleur ? » La force qu’insuffle la conviction de rendre service.
Espoir
Proverbe japonais« tomber sept fois, se relever huit »
Qu’est-ce que l’espoir ?
Dans un premier temps : tabler sur des lendemains meilleurs. La pugnacité dépend d’un autre genre d’espoir : la conviction que nos efforts nous assureront un avenir plus souriant. « J’ai le pressentiment que demain, ça ira mieux » n’équivaut pas à « j’ai résolu de faire en sorte que demain, ça se passe mieux. »
L’espoir des pugnaces ne tient pas à un destin favorable mais à la faculté de se relever après chaque chute. En 1964, deux doctorants en psychologie observent en laboratoire deux chiens soumis à des décharges électriques à des intervalles imprévisibles. Faute de réaction de la part du premier, elles durent cinq secondes ; moins, en revanche s’il presse son museau contre une paroi vitrée de sa cage. Dans une autre à proximité, le second reçoit des décharges simultanées sans possibilité pour lui de les écourter. Au bout d’un certain temps, on leur substitue d’autres animaux et on recommence. Le lendemain, chaque chien se retrouve dans une cage munie d’une cloison qu’il peut franchir d’un bond.
A l’audition d’une sonnerie lui parvient une décharge à travers le plancher. Presque tous les animaux ayant pu écourter les décharges la veille franchissent la cloison pour échapper à la douleur dès que retentit la sonnerie. Deux tiers des autres se contentent de geindre en attendant qu’elles cessent.
Cette expérience pionnière a démontré que ce n’est pas la souffrance en tant que telle qui mène au désespoir mais la conviction de ne pas pouvoir lutter contre. D’autres expériences ont montré que souffrir sans rien pouvoir y faire se traduit par des symptômes cliniques de dépression : troubles de l’appétit, du sommeil, de la concentration et de l’activité physique.
Optimisme acquis : Les optimistes vivent autant d’expériences déplaisantes que les pessimistes mais ils leurs attribuent une cause circonscrite alors que les pessimistes en veulent à un état de fait immuable contre lequel on ne peut lutter. Les pessimistes sont plus enclins à la dépression ou l’anxiété. Les optimistes obtiennent de meilleures notes en classe et abandonnent moins souvent leurs études. Ils connaissent moins de soucis de santé en avançant en âge et vivent en moyenne plus longtemps.
